ContreFrançois Cavanna
Ecrivain et journaliste
"Je ne comprends pas qu’on puisse se réjouir de voir torturer et tuer un animal."
Je tiens d’abord à dire que j’ai une horreur profonde des “pour ou contre”, ces faux débats où chacun vient avec ses arguments et repart avec, sans faire changer le public d’opinion. Il y a plus de quarante ans que je combats la corrida, j’ai écrit des dizaines d’articles, j’ai développé des arguments dans mon livre Coups de sang, et rien ne change. Je connais par cœur les arguments des aficionados. J’entends toujours les mêmes conneries : la poésie, la tradition, l’ “habit de lumière”, Hemingway, mourir dans l’arène, le sang… Je n’ai plus envie de discuter là-dessus, d’opposer Victor Hugo à Hemingway. C’est dérisoire. Mon seul argument, c’est que je ne comprends pas qu’on puisse se réjouir de voir torturer et tuer un animal avec des raffinements dégueulasses. Ceux qui aiment ça aiment le sang et la mort. Tous les tralalas, le décor, la musique écœurante de Bizet, ça me dégoûte. Et ces foules hystériques qui hurlent « Olé ! ». On évoque la tradition, tu parles ! Les combats de gladiateurs aussi faisaient partie de la tradition. Celle de la corrida avait été interrompue en France, c’est Eugénie de Montijo, l’épouse de Napoléon III, qui l’a réintroduite.
Si je suis végétarien ? Non, je ne suis pas végétarien et je n’ai aucun plaisir à penser que les animaux de boucherie passent à l’abattoir. Mais, au moins, on les tue correctement en principe, sans souffrances inutiles. Rien à voir avec cette horreur de la mort dans l’arène, rythmée par cette musique à la con ! Vous savez ce que c’est qu’une banderille ? Une pointe de fer avec un crochet qu’on plante dans la chair du taureau. Plus il se débat, plus il court, plus elle s’enfonce. Chaque mouvement le rend fou de douleur. On appelle ça “travailler” le taureau. Le public ne voit que les fanfreluches, les trucs brillants et clinquants. Ah, ça, on peut dire qu’il y a de la couleur ! Et la beauté de la corrida, la beauté de la cruauté et de la souffrance ? C’est la souffrance pour les autres, évidemment ! J’aimerais bien les voir courir dans l’arène avec des banderilles plantées dans le cul ! Non, tout ça me dégoûte, c’est répugnant. Je n’admets pas qu’on puisse faire joujou avec la mort. La seule chose à faire, c’est de supprimer la corrida. Le reste, c’est de la littérature, de la très mauvaise littérature !.
30mdc
Bien vu, Victor Hugo l'auteur du texte à méditer était à 100% contre la peine de mort et contre toute forme de violence....et chère Monaline, le cheval n'a pas choisi de mourir; seul son boucher a fait le choix de descendre dans l'arène ce jour là.
.Maintenant j'ai mal pour le cheval.Mais si ca avait été le toreador(le monsieur qui atire le taureau avec son drapeau) je n'aurais rien ressentit pour lui.De couper les cordes vocales de ce pauvre cheval ne sert a rien car il y a TOUJOURS 1 TEMOIN . 
MAIS QUE LE PAUVRE CHEVAL Y TROUVERA SA PLACE AU CÔTÉ DE SES PROCHES.


